Oui, je suis le père Jacques HAMEL.

Père Hamel

Imaginez qu’en pleine célébration de la sainte messe en l’église Notre Dame de Cotonou, -pour prendre cet exemple-, deux individus fassent irruption avec des armes de poing et prennent en otages les fidèles, montent à l’autel, bousculent le prêtre célébrant, le malmènent et le tuent; non l’égorgent… Stupeur, désolation, lamentation.

Hier, mardi 26 juillet 2016, le consacré (RIP) officiait à l’église quand deux hommes ont fait irruption dans l’édifice puis l’ont égorgé. À la retraite depuis plus de dix ans, père Jacques était installé, à sa demande, dans une paroisse où il avait déjà exercé pour y remplacer le curé lors de ses absences. Dans la mesure où il continuait d’exercer son ministère à 86 ans, bien que la retraite des prêtres est à 75 ans il se sentait encore fort et s’est dit « il n’y a pas assez de prêtres » et donc puisqu’il pouvait encore rendre service, il a préféré rester sur place et continuer à travailler…

Aujourd’hui, je ne publie pas de petite histoire comme j’en ai l’habitude. Et pour cause : face à la barbarie survenue à l’autre bout de notre village commun, je ne puis rester de marbre. <<Ce qui s’est passé ne peut que susciter l’horreur et même la colère devant tant de haine aussi lâchement cruelle que stupidement suicidaire.>> écrit Jean Duchesne.

Je ne manifeste pas une colère aveugle, ni ne pointe du doigt aucune idéologie. Mais devant ce qui est collectivement choquant et inacceptable je m’en voudrais de garder silence.

Je ne rentre pas dans les détails du déroulé de la scène macabre. Tout le monde le sait. Tout le monde l’a vu… Ce qui s’est passé peut arriver n’importe où. Une vague de terreur déferle sur le monde : en Afrique, à nos frontières béninoises, à l’Est de notre pays…

<<L’objet de la vindicte n’était pas l’Occident en général ni sa complaisante et égoïste prospérité qui peut paraître insultante aux pauvres du reste du monde. C’était sa racine, sa source vive même s’il l’oublie – à savoir le christianisme, dans un des moments et des lieux où, discrètement mais invinciblement, il s’actualise le plus explicitement et le plus intensément : la célébration de la messe….                                                                                           Les chrétiens, pour leur part, ne peuvent qu’être choqués et révoltés, comme tout être humain civilisé et digne de ce nom. Mais s’ils doivent être encore plus secoués que les autres, ce n’est pas parce qu’ils sont désormais en droit de penser que leurs assemblées eucharistiques sont désormais dans le collimateur de frustrés en proie à des pulsions homicides stimulées par une propagande délirante. C’est parce qu’ils se retrouvent à nouveau affrontés, comme nul ne peut le désirer ni le prévoir, au mystère du mal dans sa brutalité la plus nue, à cette insupportable énigme que l’amour n’est pas aimé, comme l’a révélé la Croix où s’est laissé clouer leur Seigneur.

Nous continuerons donc d’aller à la messe, quelles que soient nos appréhensions, pour y recevoir l’amour qui vainc la haine parce qu’il ne la rend pas. Et parce que nous voulons aimer ceux qui se croient nos ennemis comme ceux qui s’en fichent, les portes de nos églises restent ouvertes.>> Jean Duchesne.

Âgé de 86 ans, le père Hamel était prêtre auxiliaire de la paroisse de Saint-Étienne-du-Rouvray en Seine-Maritime, il était né en 1930 à Darnétal dans le département. Ordonné prêtre en 1958, il avait fêté son jubilé d’or (cinquante années de service) en 2008. Il officiait avec le père Auguste Moanda-Phuati, curé de la paroisse.

A ma façon, je me fais miroir de la vie de ce serviteur de Dieu, qui comme l’Agneau, a été immolé. C’est mon hommage. Ci-après une vidéo sur lui, sur le père Jacques HAMEL.

Un reportage de 2009 sur le père Jacques Hamel <——cliquer pour lire.

Prêtre un jour, prêtre toujours, Ministre de la Miséricorde de Dieu. Kyrie Eleison, Christe Eleison.

In Fidem, Cotonou le 27 juillet 2016.

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6 commentaires sur “Oui, je suis le père Jacques HAMEL.

  1. Je m’attends toujours à sourire, à éclater de rire, à réfléchir chaque fois que je lis tes textes. Mais là, je suis triste. Triste et abattue. Aucune idéologie ne demande de verser le sang humain par terre. On ne sait pas quand cette vague de morts et de sang s’arrêtera. On se demande aussi le monde qu’on laissera en héritage à nos enfants. Le mal est partout présent. Et si ça continue comme ça, dans les fournitures scolaires, on risque d’y insérer avec une autorisation parentale, l’achat d’un couteau bien tranchant ou d’un pistolet automatique. On préconiserait à chaque personne d’avoir sur lui (dans le sac ou dans la voiture) en plus du téléphone portable, une arme au cas où… Pour se défendre

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  2. Effectivement, «comme un agneau.qui a été immolé»….Je suis sans voix…Je préfère rester sans voix…car si je devais m’exprimer, j’aurais péché et Dieu m’aurait reproché de ne «pas aimer mes ennemis..». Je suis faite de cher, avec mes faiblesses, il me serait vraiment difficile «d’aimer mes ennemis» sans l’esprit de miséricorde et de pardon que seul, Lui-même, peut, dans sa miséricorde, nous accorder.
    Merci l’écrivain pour ce clin d’oeil à l’actualité. Dieu continue de t’inspirer. Amen….

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  3. «Fulgence : Bjr Ignace.
    Ignace Houngbedji: Salut salut Frangin
    Fulgence: Imagine que le Père Luc Darcis soit malmené en pleine messe et égorgé par Boko Haram…
    Ignace Houngbedji: Eh, quoi!?
    Ignace Houngbedji: Non!!!
    Ignace Houngbedji: Je n’veux même pas y penser.
    Fulgence : Pourquoi pas ?
    Ignace Houngbedji: Non, fulgence

    Fulgence: Et pourtant c’est qui s’est passé en France.
    Ignace Houngbedji: Je veux imaginer rien que de bonnes choses
    Ignace Houngbédji : Oui, mais je refuse d’y penser
    Fulgence : Pourtant dans le champ de Dieu il y a la bonne graine et l’ivraie aussi.
    Ignace Houngbedji: Oui»
    Tel était le dialogue né de ton questionnement, je résume autrement, « et si c’était à Cotonou? »
    Voilà l’artiste, je ne peux pas y penser, et je ne veux non plus y penser, même si cette barbarie sans nom est déjà à quelques pas de moi. Comme Arlene, je salue ta façon de compatir, mais je préfére rester coi, au risque de blasphèmer Le Créateur. Y penser me donne la chair de poule; d’où mon manque d’audace de suivre cette actualité lugubre, ne serait-ce qu’un pan d’images sur les chaînes de télévision. Non Fulgence, je n’ose pas regarder, tellement cette malheureuse réalité dépasse tout entendement civilisé!
    Et c’est ça la motivation de l’artiste: peindre la réalité telle qu’elle se manifeste, qu’importe les critiques.
    Assuré que tes belles histoires à venir me rendront, très vite, amnésique de ce tableau ignominieux, je te prie d’accepter tous mes encouragements… Et sans vouloir être prétentieux, je dis « va l’artiste, et égaye-nous! »

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  4. Hummmmmmm! Devant l’infamie, le silence est d’or. Je suis sans voix comme Arlene. Au risque de pécher contre Dieu, celui au nom de qui on tue, on immole des êtres humains. Qu’il nous sauve de ces bourreaux des temps modernes. Père Jacques HAMEL dors en paix. Prêtre un jours, prêtre pour toujours. Rémi Tohou.

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  5. Le mal est devenu la chose du monde la plus répandue. A croire que bébés déjà, ces criminels tètent ce venin en lieu et place du précieux lait maternel…. Partout où nous sommes et où nous allons, il faut donc désormais faire attention et se dire, la peur au ventre : « est ce qu’il n’y a pas un illuminé ici, avec une bombe, un couteau bien tranchant ou une hache ? ». je ne veux pas être fataliste ni lugubre. Mais le mal a atteint un somme inégalable que je me demande s’il ne faut pas mettre dans la liste des fournitures de nos enfants et pour qu’ils se défendre, une arme du genre pistolet mitrailleur, couteau bien aiguisé et luisant, hache bien poli et tranchant….
    Mais, mais et mais, on ne doit pas céder à la peur. Nous devons tous être comme la lumière qui jaillit et fait disparaître l’obscurité. Nous devons garder foi et espoir que, tant que le mal existera, le bien s’élèvera pour le combattre…

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